Des nouveautés inattendues à Industrie 2014

Le salon français des techniques de production s’est tenu à Villepinte du 31 mars au 4 avril dernier à Villepinte. En robotique, les stands des exposants regroupaient les nouveautés annoncées, mais aussi d’autres petites surprises…

 

Pris en étau entre le CFIA et la Foire de Hanovre, sans compter la tenue prochaine d’Automatica, il y avait peu de chance pour que les exposants du salon Industrie Paris 2014 réservent leurs nouveautés à l’événement parisien. Faux ! Dans la robotique en particulier, plusieurs grands acteurs du domaine ont en effet profité de cette occasion de rencontrer le public industriel français pour lui dévoiler des produits inédits.

 

Un LWR industriel

On l’attendait depuis plusieurs années déjà. Après un prototype, puis plusieurs, de son bras robotique léger LWR (pour Light Weight Robot), Kuka a choisi de prendre de l’avance sur Automatica et d’exposer sa version industrielle cette année à Paris. Si la forme du robot n’a pas changé, l’Allemand a opéré plusieurs modifications pour le rendre plus compatible avec les milieux industriels, dont l’adoption d’un corps en aluminium moulé (le poids passe de ce fait de 14 à 24 kg) et de réducteurs plus robustes. Le LWR existera donc en deux versions 7 axes, l’une de 7 kg de capacité et l’autre de 14 kg, mais tous deux équipés de capteurs d’efforts sur tous les axes et donc capables de s’arrêter au moindre contact avec un opérateur ou un obstacle. A noter, ces machines seront programmées en java pour être plus accessibles aux non-roboticiens. Enfin, le prix de ce modèle le place définitivement dans le haut de gamme, puisqu’il s’élèvera sans doute à près de trois fois celui d’un Agilus…

Autre surprise du stand Kuka cette année, un robot Agilus transformé en… imprimante 3D. La cellule développée par VLM Façonnage Numérique, une petite entreprise de Lacanau de Mios (Gironde), dans le cadre d’un projet du cluster Aquitaine Robotics, est en effet constituée d’un robot de Kuka sur lequel est monté une tête d’extrusion de matière, comme sur une imprimante 3D classique, ainsi qu’un mandrin qui peut accueillir un outil pour réaliser des opérations de perçage ou de taraudage sur la pièce finie. VLM compte réaliser une cellule de grande dimension (avec un robot monté sur un portique) pour pouvoir construire des pièces jusqu’à 6 mètres de long, et explorer plusieurs pistes en termes de matières, dont le béton.

 

Trois nouveautés chez ABB

Autre roboticien, autre surprise : parmi les robots présentés cette année par Yaskawa, le MH12 faisait sa première sortie officielle. Ce bras 6 axes de 12 kg de capacité pour un rayon d’action de 1440 mm sera tout particulièrement destiné aux applications de manutention. Pour le voir en mouvement, il faudra cependant attendre Automatica 2014, où il sera présenté avec la nouvelle armoire de commande de Yaskawa.

Cette année, ABB a lui aussi profité du salon Industrie pour dévoiler plus de nouveautés que prévues. Ceux qui n’avaient pas eu la chance de le découvrir sur le CFIA ont ainsi fait la connaissance avec le nouveau modèle d’IRB 360 Flexpicker,  de 8 kg de capacité. Mais si, à Rennes, il était présenté en statique, à Villepinte, le modèle exposé était en fonctionnement. Pour mémoire, ce nouveau Delta reprend la structure des versions de 3 kg de capacité, mais revu à partir de l’épaule supérieure du robot pour passer à 6, voire 8 kg de  capacité, tout en conservant la dynamique des « petits » modèles. A noter, le logiciel de simulation Robot Studio évolue lui aussi et peut, grâce à un power pack picking, configurer et simuler le fonctionnement d’une cellule comprenant jusqu’à six robots.

Autre nouveauté d’ABB, la septième génération de ses bras gros porteurs, avec l’IRB 6700 qui vient remplacer l‘IRB 6640. « Disponible en 5 modèles et bientôt 8, dont une version Fonderie +, il peut embarquer des charges de 150 à 300 kg sur un rayon d’action pouvant atteindre 2,6 et 3,2 m de rayon d’action », assure Laurent Fluxa, chef de produit. Parmi les particularités de ces machines, leur poignet, baptisé Lean ID, un poignet semi-intégré qui permet de passer le faisceau depuis l’axe 4 jusqu’à l’axe 6, tout en intégrant le minimum de torsion possible et en gagnant sur l’encombrement. A noter, ce poignet permet de changer le moteur de l’axe 5 sans retirer le préhenseur ou l’outil terminal du poignet, afin de gagner du temps en maintenance.

Enfin, ABB propose ses propres capteurs de vision. En réalité, il s’agit d’Insight 7000 de Cognex, rebadgés ABB, et qui sont entièrement pilotés par l’armoire de commande IRC5. Le logiciel Robot Studio intègre également les bibliothèques correspondantes de Cognex afin de pouvoir configurer le système, puis le simuler dans l’application avant la mise en marche.

 

Une ligne complète

Fanuc continue lui aussi de développer ses gammes, notamment avec ses petits LR Mate disponibles désormais en plus de huit modèles, en version bras standard, bras court, bras long, salle blanche… Sur son gros porteur M-900 iB 700, pour des applications nécessitant de la force et de la précision, dans l’aéronautique par exemple, le Japonais a intégré des règles de mesure sur tous les réducteurs. Pour gagner en précision et, surtout, garantir cette précision sur l’ensemble du volume de travail du robot, Fanuc a en effet choisi de garder un robot standard, mais de réaliser des mesures sur tous les axes. « En perçage, on passe de 1 mm à 0,1 mm de glissement maximal », note Nicolas Couche, chef de produits robotique.

Pour démontrer l’ampleur de son offre réunissant désormais les robots, les commandes numériques et les machines d’usinage et d’injection plastique, le Japonais avait mis en œuvre sur le salon une ligne de production complète, entièrement équipée par ses soins, fabricant des grattoirs de pare-brise à ses couleurs. On y retrouvait une presse électrique, plusieurs robots et un centre Robodrill, le tout étant connecté à une tablette via le Wysiwyc de Spring Technologie, vainqueur d’un trophée de l’innovation cette année. Parmi les autres nouveautés du Japonais, on notera également, pour les applications de picking, un outil de simplifié qui permet de définir les paramètres de son application dans un wizard (qui vous guide pas à pas) et laisser le système déterminer si c’est réalisable, puis de simuler l’application dans IRPick Pro. Toujours dans un souci de simplicité, « tout peut être fait depuis le teach pendant. On peut ainsi monter un projet en 15 minutes », assure Nicolas Couche.

 

Des solutions complètes

Les amateurs de robotique « non traditionnelle » se seront régalés cette année en passant sur le stand de Tecnalia, qui exposait un robot Kawada à deux bras – qui vient de recevoir son marquage CE – réalisant des assemblages de pièces de structures aéronautiques. Spécialisé dans l’aide à l’industrialisation de telles machines, le centre espagnol gère actuellement trois projets d’intégration de ce type de robots, deux en aéronautique et un en montages complexes.

En attendant de découvrir les robots à deux bras d’Epson sur Automatica, le Japonais a démontré son savoir-faire dans les solutions complètes, notamment avec une cellule de dévracage pour les petites séries de petites, voire très petites pièces, mise au point par GT Robotique. Sur le tapis, un système de vision Matrox trouve le composant parmi ceux déposés en vrac et pilote le robot pour le déposer sur un ruban adhésif. Le point fort de cette cellule : il ne faut que trois minutes pour relancer l’application en cas de dérive - le système se relocalise et se resynchronise automatiquement - en moins de trois minutes ou d’arrêt inopiné et moins de 10 minutes suffisent pour que le système « réapprenne » une nouvelles production.

 

Des robots de non roboticiens

Si les roboticiens « officiels » ont dévoilé leurs nouveautés sur cette édition, des acteurs issus d’autres domaines ont, eux aussi, présenté des solutions robotiques. A l’image de l’Allemand Festo, qui exposait cette année la version de son robot Delta entièrement commandé à l’aide d’axes électriques. On notera également l’offre MC Robots d’Igus, des mécaniques mues par des systèmes de ficelles analogues à celles utilisées sur les suspentes de parachutes, caractérisées par un très faible coefficient d’allongement. Grace à ce système, l’Allemand propose ainsi des structures utilisables dans des environnements difficiles, voire dans l’eau. Autre avantage, une jeune entreprise française baptisée MC Robotics, à Besançon, termine la mise au point d’un outil gratuit de pilotage  de ces robots (et de tous les autres robots du marché, d’ailleurs) en suivant une logique de programmation de type Grafcet.