LE MARCHÉ DES RÉSEAUX INDUSTRIELS EN 2018 VU PAR HMS

L’Ethernet industriel a dépassé les bus de terrain classiques en termes de nouveaux noeuds installés dans le secteur de l’automatisation industrielle. EtherNet/IP est désormais le réseau le plus installé avec 15 % de nouveaux nœuds, suivi de Profinet et Profibus, tous deux à 12 %. Les technologies sans fil progressent également avec 6 % de part de marché. HMS Industrial Networks présente son analyse annuelle du marché des réseaux industriels, qui met l’accent sur les nouveaux nœuds d’automatisation industrielle installés dans le monde.


Cette entreprise d’origine suédoise qui possède des bureaux à Mulhouse, fabrique des équipements de communication industrielle, destinés notamment au contrôle à distance. HMS développe et fabrique des solutions destinées à connecter les automates et les systèmes d’automatisation aux réseaux industriels sous les marques Anybus, IXXAT et eWON. Le développement et la production s’effectuent au siège de l’entreprise à Halmstad, en Suède, et à Ravensbourg, en Allemagne. Fournisseur indépendant de produits et services destinés aux communications industrielles et à l’Internet des objets, HMS est idéalement placé pour étudier l’évolution et les tendances du marché des réseaux industriels. Voici quelques-unes des inflexions qui vont caractériser les communications industrielles en 2018 selon cette entreprise, qui consolide cette vision en rappelant, l’évolution qu’a connue ce marché au cours des cinq dernières années.

UNE CROISSANCE SOUTENUE PAR L’IIOT

L’Ethernet industriel progressant plus rapidement que les bus de terrain classiques depuis plusieurs années, il a fini par les dépasser. Avec un taux de croissance de 22%, il représente désormais 52 % du marché mondial, contre 46 % l’année dernière. EtherNet/IP s’impose comme la norme principale avec 15 % du marché, suivi par le peloton où évoluent Profinet, EtherCAT, Modbus-TCP et Powerlink.

« Nous avons remarqué la transition vers l’Ethernet industriel depuis longtemps déjà, mais ce n’est qu’en 2017 qu’il a effectivement dépassé les bus de terrain en nombre de nouveaux nœuds installés », indique Anders Hansson, directeur marketing de HMS. « Cette transition est stimulée par le besoin de performances élevées, l’intégration entre les installations des usines et les systèmes informatiques et l’Internet industriel des objets en général. »

Stimulés par la bonne tenue du secteur industriel et les inquiétudes que suscite la cybersécurité des réseaux en général, les bus de terrain continuent pourtant de progresser légèrement. Néanmoins, malgré un taux de croissance en hausse avec 6 % contre 4 % l’année dernière, le nombre d’installations de bus de terrain devrait décliner irrémédiablement au cours des prochaines années. Sur ce segment, le standard dominant reste toujours Profibus avec 12 % du marché mondial total, suivi de Modbus-RTU et de CC-Link, qui l’un et l’autre plafonnent à 6 %.

LA REDÉFINITION DES RÉSEAUX SOUS L’IMPULSION DU SANS-FIL

Les technologies sans fil progressent aussi avec une hausse de 32 % des installations, un chiffre stable par rapport à l’année précédente. Elles représentent 6 % du marché total, un chiffre là-encore inchangé. Au sein du sans-fil, WLan est la technologie la plus répandue, suivie par le standard de communication à courte portée Bluetooth. « Le sans-fil est de plus en plus utilisé par les constructeurs de machines pour réaliser d’innovantes architectures d’automatisation. Les utilisateurs peuvent ainsi minimiser le câblage et créer des solutions de connectivité et de commande, notamment des solutions BYOD pour les tablettes et smartphones », détaille Anders Hansson.

En Europe et au Moyen-Orient, Profinet et EtherNet/IP dominent tandis que Profibus est toujours assez présent. Les autres réseaux courants sont EtherCAT, Modbus-TCP et Ethernet Powerlink.

Le marché américain est dominé par les réseaux CIP, avec une tendance marquée à l’adoption d’EtherNet/IP. En Asie, aucune norme ne domine clairement le marché, mais Profinet, EtherNet/IP, Profibus, EtherCAT, Modbus et CC-Link sont très répandus. Notons au passage que la version Ethernet de ce dernier standard, appelée CC-Link IE Field, connaît un certain succès.

Dans l’étude que HMS publie cette année, l’entreprise dresse un bilan des cinq dernières années, marquées par une croissance constante des réseaux industriels. Elle en conclut que la prédominance en termes de part de marché, de l’Ethernet industriel au détriment des bus de terrain, est intervenue en 2017. « Les réseaux industriels ont enregistré une croissance régulière au cours des cinq dernières années, et il est intéressant de constater que l’Ethernet industriel a désormais dépassé les bus de terrain, avec 52 % du marché et EtherNet/IP comme norme principale », indique Anders Hansson. « Toutefois, notre étude confirme que le marché des réseaux demeure fragmenté : les utilisateurs continuent de demander une connectivité avec différents réseaux selon les applications. À l’avenir, il ne fait aucun doute que les équipements industriels seront de plus en plus connectés, sous l’impulsion de l’Internet industriel des objets et de l’Industrie 4.0. Compte tenu de notre philosophie de longue date, qui consiste à fournir une connectivité aux équipements, nous comptons bien nous appuyer sur ces tendances pour poursuivre notre croissance.»

L’étude inclut les estimations de HMS pour 2018, qui reposent sur le nombre de nouveaux nœuds installés en 2017 dans le secteur de l’automatisation industrielle. Les chiffres indiqués reflètent le point de vue général de HMS, qui tient compte des éclairages de ses homologues du secteur, de ses propres statistiques de vente et de la perception globale du marché. Un nœud représente une machine ou un équipement connecté à un réseau industriel.

Acronyme de Bring Your Own Device, il s’agit d’une politique laissant une liberté totale à tout ou partie des collaborateurs d’une entreprise quant au choix de leur terminal numérique portable.