SPS IPC Drives 2012 : foule de nouveautés

C’est LA grand-messe des automatismes et des solutions d’entraînement. Et cette année encore, les exposants ont dégainé au tout dernier moment leurs nouveautés, principalement dans les variateurs, les automates et la safety.

 

Encore un carton plein pour SPS IPC Drives ! L’édition 2012, qui réunissait 1458 exposants sur plus de 100000 mètres carrés a accueilli un peu plus de 56000 visiteurs. Sur certains stands, c’est une foule dense d’accros aux nouveautés qui se pressaient pour entrevoir les derniers modèles. Et sur ce point, une fois encore, ces nombreux visiteurs n’ont pas été déçus, car la plupart des exposants avaient attendu la tenue de cet événement majeur pour dévoiler leurs produits, à commencer par leurs solutions d’entraînement.

 

Des variateurs tous neufs…

Dans ce domaine, Schneider Electric présentait cette année son Lexium 32 Integrated, une version « tout en un » qui combine le variateur Lexium 32 et un moteur BMH. Le moteur est associé à plusieurs modules : la carte de contrôle Lexium 32 i, le BMI qui fait les conversions de courant, la connectique et le module de communication. « Ces deux derniers modules peuvent être montés à l’arrière ou sur le dessus, selon la place disponible sur la machine », commente Grégory Boucaud, chef de produit. Ces modèles qui montent jusqu’à 2,2 kW, sont disponibles avec deux tailles de moteurs (70 et 100 mm) en mono ou triphasé et se destinent aux applications où la place est comptée. Ils seront lancés au printemps 2013 en Allemagne et en France.

Toujours au chapitre variateur, Emerson a choisi SPS IPC Drives pour dévoiler sa toute nouvelle gamme Unidrive M, regroupant sept variateurs « conçus pour améliorer la productivité et répondre aux exigences de production d'un domaine spécifique du marché de la fabrication ». Parmi eux, l’Unidrive M800 accueille un contrôleur intégré et communique avec d’autres variateurs, des entrées/sorties et des IHM via Ethernet temps réel.

 

… et des moteurs

ABB, lui aussi, a revu en profondeur son offre de variateurs cette année, avec l’arrivée de sa série ACS 880. Sur SPS IPC Drives, le fabricant présentait également des moteurs IE4 employant sa technologie de reluctance synchrone. Grâce à une architecture associant un stator classique avec un rotor sans aimant ni cage, ces nouveaux moteurs à très haut rendement SynRM, proposés avec des puissances allant de 11 à 315 kW, « bénéficient de l’efficacité des moteurs à aimants permanents et de la simplicité des moteurs à induction », déclare Ari Tammi, responsable produit. Surtout, les pertes sur ces modèles seraient selon lui de 10 à 20% moins importantes que sur les moteurs à induction. Point important, ils sont proposés avec des variateurs ACS 850 embarquant le logiciel adéquat pour les piloter et ABB fournit les courbes de rendement de l’ensemble moteur+variateur sur toute la plage de vitesses.

Chez Nord Drivesystems, c’est la famille de moteurs sans refroidissement pour l’offshore et l’agroalimentaire qui tenait la vedette. Au programme, de l’aluminium traité pour résister à la corrosion tout en étant aussi robuste que l’acier, des surfaces lisses dépourvues d’espaces morts pour éliminer les accumulations de saletés et des versions ouvertes, pour plus de légèreté. Cinq modèles sont disponibles, pour des couples allant de 90 à 660 Nm.

 

Contrôle plus performant

SPS IPC Drives, c’est aussi le lieu de lancement des dernières générations de composants de contrôle, à commencer par les automates. L’édition 2012 ne déroge pas à la règle, avec la sortie officielle du dernier automate de Siemens, baptisé Simatic S7-1500 (lire notre article page xx). Un Simatic dopé aux hormones, intégrant un affichage sur un écran, mais également des fonctions de sécurité, de safety et de diagnostic, directement dans le firmware.  Trois modèles (1511, 1513 et 1516) qui se placent dans la gamme entre les S7 300 et les S7 400 – sans les remplacer - seront disponibles dès le début de l’année. Evidemment, ces nouveaux modèles sont configurés avec le TIA Portal, dont la version 12 était aussi dévoilée sur le salon.

Chez Ifm electronic, la nouveauté « contrôle » concerne cette année les engins mobiles, avec les contrôleurs ecomatmobile dotés, entre autres, d’entrées et sorties TOR et analogiques avec fonction de diagnostic, de quatre interfaces CANopen avec protocole CANopen et SAE J1939, le tout programmable avec CoDeSys 2.3 selon CEI 61131. Pour Beckhoff, la grande nouveauté ne se situait pas sur son stand, mais celui de… Microsoft. L’Allemand y exposait en effet une démo de PC embarqué, un CX 2020, tournant sous une version Bêta de Windows Embedded 8. L’intérêt d’utiliser la dernière version de Windows ? « Windows 8 permet de travailler avec des processeurs multicœurs, d’activer et de désactiver des filtres sans rebooter grâce au mode « service » et, surtout, supporte les architectures x86 et ARM. Cela signifie que les développeurs vont pouvoir programmer des IHM qui tourneront ensuite sur différentes machines, sur des tablettes, sur des téléphones, etc. », répond Stephan Hoppe, responsable produit Twincat chez Beckhoff.

Côté contrôle, B&R automation lance, pour sa part, cette année, son nouveau PC industriel Automation PC 900. « C’est le premier PC industriel utilisant la troisième génération de processeurs Core i d’Intel », note Thierry Corneux, responsable commercial France. Ce modèle Fanless (sans ventilateur) équipé de disques SSD et inaugurant un nouveau dispositif de dissipation de la chaleur, peut embarquer différents microprocesseurs, du Celeron au Core i7, et accueillir 1, 2  ou 5 ports PCI Express. A noter, B&R présentait sur le salon de nouveaux écrans modulaires de 7 à 23,5 pouces intégrant la technologie tactile multipoints, ainsi que de modules de safety d’entrée de gamme.

 

Plus de Safety…

L’offre « safety » des fabricants, justement, chargée d’assurer les fonctions de sécurité, s’étoffe elle aussi cette année. Chez Pilz, la nouvelle génération de système de commande configurable PNOZmulti est ainsi désormais disponible. Pilz propose d’abord l’appareil de base PNOZ m B0, doté d’un écran et caractérisé par sa faible épaisseur (45 mm) et le module d'extension d'entrées/sorties PNOZ m EF 8DI4DO. D'autres modules d'extension sont prévus. L'extension avec au maximum deux modules d'entrées/sorties fournit au total 16 entrées et 8 sorties statiques.

Pour SEW, la sécurité rime avec système complet, avec ses solutions MAXolution pour le convoyage aérien de pièces dans l’automobile. « Nous fournissons tous les composants électriques : moteurs, variateurs, organes de communication et de contrôle, l’alimentation en énergie par induction… », commente Gunthart Mau, chargé des relations presse du fabricant. Point important, les modifications de paramètres de sécurité sont renseignées une seule fois au contrôleur de sécurité et transmises automatiquement « à la volée » à toutes les navettes via le réseau.

Côté sécurité, Schmersaal propose pour sa part cette année l’AZM 300, un interverrouillage de sécurité SIL 3 et étanche IP 69K utilisant un dispositif de verrouillage de la forme d'une croix de Malte rotative. Le même modèle peut ainsi être utilisé sur les portes battantes à ouverture à gauche ou à droite, ainsi que sur des portes coulissantes, et il offre la possibilité de régler la force de maintien. Enfin, un capteur RFID intégré détecte la position de la porte à l’aide d’un actionneur codé et l’utilisateur peut choisir entre trois types de codages.

Chez Omron, la plateforme Sysmac permet officiellement depuis SPS IPC Drives 2012 de gérer des automatismes, de la motion et… de la safety sur Ethercat. En effet, le Japonais y a dévoilé des modules d’entrées/sorties déportées et un automate de sécurité baptisés NX. Ces composants emploient une seule connexion Ethercat pour se lier à l’automate NJ d’Omron et le tout est programmé à l’aide d’un seul logiciel : Sysmac Studio. Les modules NX mesurent 12 ou 24 mm d’épaisseur pour les entrées/sorties, et 30 mm pour l’automate de sécurité. Selon le fabricant, cela réduirait de 70% l’espace nécessaire par rapport aux modules précédents.

Chez Sick, la nouveauté de 2012 s’appelle Detect4 Core, une barrière optique de nouvelle génération. Sa particularité ? Grâce à un système de supports particuliers, elle peut se monter en un temps record (Sick avait d’ailleurs lancé un concours de vitesse sur le salon) et deux variantes seulement, de 14 et 30 mm de résolution (longueur maxi 2,1 m) suffisent à couvrir l’ensemble des applications visées. Autre avantage, « ces modèles éliminent les zones aveugles lorsqu’on les monte bout à bout », explique Christian Klingelhöfer, directeur R&D barrières de sécurité chez Sick. L’Allemand propose un premier modèle d’entrée de gamme baptisée « Core », d’autres modèles viendront plus tard, avec des fonctions supplémentaires, comme le muting.

Toujours sur le front de la sécurité, Weidmüller propose de protéger les réseaux Ethernet avec un routeur sécurisé gigabit. L’appareil qui peut par exemple faire office de passerelle entre plusieurs réseaux industriels, dispose de deux ports Gigabit et un lecteur de carte SIM et intègre des fonctions d’optimisation du trafic de données, des fonctions de sécurité supplémentaires et un firewall particulier, afin de mettre les composants connectés à l’abri des accès non autorisés, et des fonctions de maintenance à distance.

 

…et d’autres nouveautés

Toujours dans les réseaux, Red Lion Controls a étendu sa gamme de switchs Ethernet avec les nouveaux N-Tron 716M12 et Sixnet SLX-5EG, présentés sur le salon. Au programme de ces composants durcis, 16 ports Ethernet à connecteurs M12 et une certification IP67 pour le premier, 5 ports Ethernet (trois Gigabit 10/100/1000 et deux Gigabit SFP) et le support de l’alimentation via les ports Ethernet (PoE) pour le second.

Dans un tout autre domaine, Harting a saisi l’occasion de SPS IPC Drives 2012 pour présenter aux industriels de l’automatisation son système de connectique Han-fast Lock, destiné à associer cartes électroniques et fils (10 mm² de section) sans soudure. « Ce système utilise un raccordement très simple fondé sur le déplacement d’un isolant, un peu comme un rivet démontable, explique Jean-Louis Varron, directeur général d’Harting France. Le premier connecteur sort cette année, et nous en préparons d’autres ».

Enfin, sur un stand particulièrement imposant, entre autres nouveautés, Rittal exposait cette année ses bras porteurs articulés 60/120/180. Constitués d’un support, d’une articulation intermédiaire et de pièces d'angle, ces modèles modulaires peuvent être montés sur le dessus d'une machine ou sur une paroi verticale, et sont en mesure de supporter jusqu’à 180 kg. A noter, la section en X des profilés utilisés permet de séparer naturellement les câbles de commande et d’alimentation dans le bras.

A n’en pas douter, non seulement les visiteurs restent fidèles à la grand’messe de l’automatisation, mais les exposants également. Et cela n’est manifestement pas prêt de s’arrêter puisque, selon Sylke Schultz-Metzner, responsable du salon chez Mesago, SPS IPC Drives 2013 devrait être de la même envergure que cette édition. Vivement l’automne 2013…

 

Encadré (photo)

Trois questions à Sylke Schultz-Metzner, en charge du salon SPS IPC Drive à Mesago

 

Quel est le bilan de cette édition, en termes de fréquentation et d’ambiance ?

« Tous les jours du salon, nous avons observé une ambiance générale en amélioration par rapport à l’an dernier. Quant au nombre de visiteurs, à 56,874, il a dépassé le niveau de l’an dernier. Selon moi, le nombre de visiteurs étranger a également augmenté. »

Il semble que l’automatisation ne connaît pas la crise…

« Je suis d’accord sur le fait que qu’il n’y a pas de crise dans l’automatisation. Le secteur est toujours en bonne forme, ses entreprises ont progressé de près de 17% l’an dernier. Elles avancent des chiffres plus bas en 2012 mais il n’y a pas de réelle crise. Je suis relativement sûre que le secteur a le moral. »

Comment s’annonce SPS IPC Drives 2013 ?

« La prochaine édition du salon se tiendra l’an prochain, du 26 au 28 novembre à Nüremberg et nous devrions atteindre les même chiffres que cette année en termes de nombre d’exposants et de surface totale d’exposition, s’il ne survient pas de nouvelle crise financière ou monétaire, ce que je ne pense pas. »

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