SPS IPC Drives 2013 : moisson fructueuse

Grand rendez-vous d’hiver du monde de l’automation, le salon de Nuremberg a encore tenu ses promesses, avec une fréquentation en hausse et une foule de nouveautés présentées par les exposants.

 

Les éditions de SPS IPC Drives se suivent et se ressemblent. Sous la neige cette année encore, le salon référence des technologies d’automatisation, a rencontré un franc succès. En effet, plus de 60000 visiteurs – soit environ 3000 de plus que l’année dernière - se sont rendus à Nuremberg du 26 au 28 novembre derniers, pour découvrir les dernières nouveautés de pas moins de 1622 exposants.

 

Des inédits

Comme chaque année, le salon a offert une kyrielle de nouveautés inédites, à l’image des nouveaux Panel PC de Beckhoff. La gamme s’étend largement avec des dalles tactiles (jusqu’à cinq points) de 3,7 à 24 pouces de diagonale. L’Allemand a également profité du salon de Nuremberg pour dévoiler son nouveau PC industriel CP32xx multitouch tout aluminium certifié IP 65. Etanche sur toutes ses faces, l’appareil bénéficie d’une carte mère entièrement revue, accueillant du Celeron à l’Intel core i7. Il est monté sur pied ou sur potence, selon l’application, et offre le choix entre sept tailles d’écran de 12 à 24 pouces. Parmi les autres nouveautés de Beckhoff, on retiendra également le PC embarqué 5100 disponible désormais en trois niveaux, du processeur simple au multicœur, « qui remplaceront des modèles plus imposants pour le même prix », annonce le fabricant, et plus robustes, puisqu’ils supportent désormais des températures de -25 à 60 °C.

Baumüller a fait encore plus fort, avec son moteur à drive intégré b maXX 2500. L’ensemble très compact reconnaissable à son système de refroidissement très particulier, façon « grenade » ou « plaquette de chocolat », a fait sa première apparition à Nuremberg, mais ne sera disponible que dans le courant de cette année pour des applications dans le packaging, le textile et la logistique, entre autres. Ses atouts ? Disponible avec une puissance jusqu’à 6,5 kW et un couple nominal de 20 Nm et certifié IP 65, ce modèle qui associe le variateur 3000 de Baumüller sur un servomoteur, bénéficie de fonctions de safety intégrées et d’une connexion Ethernet. Autre nouveauté du fabricant, le Drive Package auparavant dédié aux engins mobiles est désormais adapté aux applications d’usine. Son point fort : disponible de 80 à 140 kW, il présente une forte densité de puissance importante grâce à la combinaison des forces de Lorentz et de la reluctance.

Toujours au chapitre des exclusivités, Schmersal présentait cette année pour la première fois un nouveau capteur de sécurité RFID baptisé RSS260. Ce modèle ultraplat rectangulaire adapté aux portes en plexi et aux machines très « design », offre trois possibilité de couplage pour le verrouillage, afin de résister au mieux aux tentatives de contournement des opérateurs : utiliser une cible RSS lambda, une parmi plusieurs que l’on a choisies, ou une cible unique. Le fabricant dévoilait également sur cette édition ses nouvelles barrières SLC/SLG 445. La différence avec les 440 ? Elles bénéficient de fonctions supplémentaires : mute et multiscan, pour éviter les faux déclenchements.

Chez Pepperl+Fuchs, la nouveauté exclusive de l’année se nomme R2000 : un scanner à balayage laser 2D. Parce qu’il tourne autour d’un axe, il « voit » sur 360 degrés et peut être installé au ras du sol. Et avec 250000 mesures par seconde et une vitesse de rotation de 3000 tours par minute, rien ne lui échappe, pas même le moindre petit objet (moins de 1 mm) posé sur le sol. Autre nouveauté du fabricant, le PGV, un détecteur à base de caméra capable de suivre à la trace des bandes de couleur sur le sol, mais également de lire des codes Data Matrix placés sur son chemin. Une combinaison qui le rend particulièrement intéressant pour le guidage des véhicules autonomes (AGV) et qui lui a valu d’être nominé aux Automation Awards.

 

Nouvelles versions et déclinaisons

Pas question pour Schneider Electric de venir à Nuremberg sans une nouveauté. Cette année, le Français présentait donc la nouvelle génération d’automates Modicon : les M 241. Situés dans l’offre du fabricant entre les entrées de gamme et les modèles « haute performance », ces automates se caractérisent par une CPU à la rapidité élevée et leurs capacités de communication avec, « en standard, un port USB pour la programmation, une ou deux liaisons série pour de la mesure d’énergie, une liaison Ethernet avec Modbus TCP et une liaison CANopen pour raccorder des équipements : commandes d’axes, des variateurs de vitesse ou des entrées sorties distribuées », détaille Jacky Terrand, en charge de ces produits. Chaque CPU est dotée de 24 entrées/sorties, auxquelles il est possible d’adjoindre 14 modules d’extension pour atteindre environ 200 E/S. A noter, la CPU des automates intègre quantité de fonctions (motion, Safety, départ moteur, etc.) préprogrammées. La programmation de l’ensemble est assurée par Somachine et sa librairie de fonctions à sélectionner.

Cette année, sur SPS IPC Drives, ABB s’est pour sa part beaucoup concentré sur les applications « process », avec la dernière version de Freelance, sa solution de commande distribuée offrant les capacités d’un DCS pour l’encombrement d’un automate. Evolutive, elle démarre avec un PC et un contrôleur compact pour traiter de 20 à 50 signaux. La programmation de l’installation (qui se fait en amont du choix du matériel) utilise des blocs de fonctions, avec une fonction de câblage automatique. A noter, les automates AC 900F et 700F sont équipés d’un lecteur de carte SD, afin de pouvoir réaliser les mises à jours sans nécessiter de se connecter à un PC, de deux ports série et quatre ports Ethernet, d’un port Profibus redondant et d’un écran LCD en option. Ces appareils sont destinés à mettre en œuvre des commandes décentralisées dans le process, pour des installations modestes. Pour des installations plus importantes, ABB propose également son System 800 xA (pour extended automation), qui assurera la supervision d’une usine entière.

Pas de révolution cette année pour Siemens (pas très facile de faire aussi fort qu’en 2012, avec le S7 1500…) mais, comme à l’habitude, un stand bondé, sur lequel le géant allemand présentait ses derniers-nés, dont la version 13 de TIA Portal. Pour cette mouture, « nous nous sommes attachés à des  aspects très particuliers comme l’ingénierie partagée, que différentes personnes puissent travailler en même temps sur le même outil de développement, en se focalisant chacun leur partie, concernant les IHM, les API ou les drives. Nous avons également intégré de nouveaux matériels. Avec la série des automates 1500, nous avons les CPU les plus rapides que nous ayons jamais eus ; dans le monde des IHM, nous avons de nouveaux modèles d’entrée et de milieu de gamme, que nous avons également intégrés dans TIA Portal », commente thomas Schott, patron de Factory automation au sein de la division Industry. L’outil d’ingénierie de l’Allemand intègre également les systèmes de commande Simotion. Enfin, Siemens présentait aussi à Nuremberg ses nouveaux moteurs Simotics FD, un nouveau concept de moteurs de 200 à 1600 kW, très modulaires puisqu’ils peuvent notamment adopter différents types de refroidissements.

Pour les applications dans l’électronique, où l’on a besoin de déplacer des pièces de façon simples, sur des petites surfaces, Festo a mis au point une version « mini » de son portique EXCM en forme de H, de la taille d’une feuille en format A4. Les mouvements sont assurés par de petits moteurs électriques et des courroies crantées. Prêt à installer – sa commande est également préconfigurée -, ce composant assure des déplacements à des vitesses de 500 mm/s, et un positionnement à 0,05 mm.

 

Optimisation en détection

Pas de grande révolution non plus pour ifm electronic sur SPS IPC Drives 2013. L’Allemand a préféré y mettre en avant, en particulier, sa technologie de mesure de distance par mesure de temps de vol PMD, mise en œuvre dans deux boîtiers différents : l’OID cylindrique et le O5D. Mais il ne faudra pas attendre longtemps, a priori le mois d’avril et la Foire de Hanovre, pour découvrir une nouvelle déclinaison de la technologie sur un boîtier encore plus petit.

Avec les U500 et O500, Baumer suit la démarche inverse : proposer deux technologies différentes – un capteur à ultrason et un autre photoélectrique - dans des boîtiers identiques et interchangeables, afin d’offrir « plus de flexibilité aux concepteurs de machines ». Quand le O500 (photoélectrique) se destinera plutôt aux applications mêlant petites pièces et grande vitesse, l’U500 (U pour ultrasonic), avec sa profondeur de champ de 1000 mm et un rayon « mini » de 88 mm à 500 mm, trouvera sa place dans les espaces exigus. « Il peut servir pour de la détection, de la mesure de distance et comme barrière immatérielle », ajoute le fabricant. Baumer a également mis au point sur ce capteur un système de réglage original baptisé qteach. Il suffit en effet de viser un objet et d’obturer une cellule du capteur avec un objet métallique (par exemple un tournevis) pour définir automatiquement la distance de détection sur celle de l’objet.

Avec sa WeQube, Wenglor cherche quant à lui à proposer l’outil universel. Fruit de deux ans de développement, cet appareil qui combine une smart camera, un système d’éclairage interne associant 12 leds et des lentilles optiques afin d’éliminer les zones d’ombre de la scène peut en effet presque tout faire : détection de présence, lecture de codes… elle peut même mesurer une hauteur de pièce grâce à son autofocus. Fonctionnant en lumière rouge, bleue et blanche, cette WeQube dispose d’une connexion RS 232 et d’un port Ethernet et donne accès à toutes ses données via un web-server. Parmi ses autres nouveautés de cette année, on retiendra des capteurs de débits entrés dans la gamme du fabricant suite à son rachat d’une entreprise spécialisée dans ce domaine.

 

Sécurité et smart usine

Pour Sick, l’édition 2013 de SPS IPC Drive a offert la première « grande sortie » pour trois nouveautés : le lecteur de codes 1D et 2D Lector, le capteur de distance photoélectrique Deltapac et Flexiloop, sa technologie de boucles de sécurité. Destinée aux petites machines comme aux plus imposantes, cette technologie permet de connecter, avec un niveau de performance e, huit boucles par contrôleur, à raison de 32 composants de sécurité en cascade (avec un intervalle de 30 m) par boucle. A noter, tous les types d’équipements, de n’importe quel fabricant, peuvent être pris en compte, jusqu’au simple bouton d’arrêt. Et pour assurer le diagnostic de l’ensemble, l’utilisateur s’appuiera sur un système visuel à Leds sur les connexions, mettant en exergue les appareils défaillants. Mieux, grâce à une dernière nouveauté de Sick Baptisée FLexiline, les contrôleurs communiquent entre eux, pour étendre la capacité du dispositif. « Ce n’est pas un bus de sécurité mais cela remplace le CAN par exemple », note Rainer Kremp, responsable marketing et ventes des systèmes de sécurité industrielle chez l’Allemand.

Chez Contrinex, on joue l’effet de gamme. Ses capteurs inductifs Full Inox sont ainsi désormais déclinés en versions basiques, pour les applications qui ne nécessitent pas de longue portée, par exemple, à l’instar de ses barrières immatérielles de type 4 déclinées en type 2. Autre nouveauté du Suisse : des capteurs de contraste pour l’imprimerie, capables de détecter différentes couleurs. Comme ses autres équipements, « ces capteurs embarquent la technologie IO-Link sans surcoût », insiste Ingmar Stotz, directeur de Contrinex Europe, qui leur ajoute ainsi notamment différentes fonctions supplémentaires.

Déferlante de nouveautés également chez Bosch Rexroth, basées aussi bien sur le logiciel que sur le matériel. Côté logiciel, l’Allemand présentait en particulier les capacités de sa technologie Opencore Engineering, mais aussi ses capacités à faire du motion avec des composants hydrauliques ou sa maîtrise de solutions hybrides hydrauliques-électriques, « pour accompagner la mutation de l’industrie d’une technologie à l’autre », explique le fabricant. Côté matériel, on retiendra en particulier cette année le nouveau Indracontrol XM, sa plateforme de commande milieu et haut de gamme dotée de processeurs Intel Atom combinés avec un port Ethernet Gigabit et des entrées/sorties haute vitesse S20, qui permettent de gérer 256 E/S en moins de 6 microsecondes. On les retrouvera notamment dans les applications de gestion de mouvements complexes.

Siemens intègre de plus en plus de matériel dans son TIA Portal, Omron fait de même avec sa plateforme Sysmac Studio. « Nous avons commencé il y a deux ans et avons mis à jour les robots, les E/S et les contrôleurs de safety. Cette année, nous y intégrons la nouvelle IHM NA Series. Ainsi, tout est partagé dans le système, on peut les simuler, simuler le contrôleur et l’IHM en 3D, mais aussi simuler et opérer le système en même temps », explique le Japonais. Et surtout, ces IHM fonctionnent sous Windows 7 et sont donc compatible avec tout l’univers Windows.

Comme à l’accoutumée, l’Allemand Pilz a profité du salon pour présenter ses tout derniers développement. Au programme, les barrières immatérielles PSENopt advanced, qui intègrent en standard les fonctions blanking, muting et cascading et ne souffrant d’aucune zone morte aux extrémités, une application permettant de réaliser des analyses de risques sur iPhone et iPad, des modules Powerlink sur PNZmulti et Ethercat sur le mini, des IHM de 6,5 à 15 pouces, ou encore le relai de sécurité d’entrée de gamme C2, dédié aux barrières immatérielles.

 

Réagir vite

Comment réagir à la microseconde sur des entrées/sorties sans nécessiter de PC ? B&R Automation présentait sa solution sur le salon avec la technologie reAction, une technologie qui intègre des fonctions de haute vitesse directement dans les modules d’E/S, pour tous les signaux, qu’il s’agisse d’E/S sur l’automate ou décentralisées. Une solution intéressante pour les capteurs installés au plus près du procédé. Point intéressant, la fonction reAction est activable et désactivable à volonté sur les X20 via Automation studio. Toujours pour les applications pointues et exigeantes, B&R propose également désormais des solutions de redondance de CPU (connectées via une fibre optique) pour le process. A noter également, cette année, l’Autrichien avait choisi d’exposer sur un stand contigu au sien l’offre d’Aprol, afin de démontrer son savoir-faire sur les architectures complètes dans le process, justement, pour assurer du suivi de consommation d’énergie, par exemple. Une offre présente depuis plusieurs années au sein de l’entreprise, mais qui commence tout juste à être développée sur le territoire français… On la retrouvera donc sans doute à l’avenir sur le stand B&R Automation des salons français.