Réseaux

Ça bouge dans les connecteurs

On les sous-estime souvent parce que leur
fonction est discrète et ingrate. Pour autant, les spécialistes continuent
d’innover dans ce domaine, qu’il s’agisse de transmettre de la puissance ou des
données. Voici quelques nouveautés à retenir.

 

Quand on
pense innovations, on pense souvent équipements, automates, robots, relais,
composants de sécurité… et plus rarement de câbles et de connecteurs. Pourtant,
ils sont très divers. Il y a ainsi des connecteurs pour les capteurs, des
connecteurs d’alimentation, des connecteurs pour les électrovannes, pour les
réseaux industriels et bus de terrains. En termes de formes, ils sont
rectangulaires, circulaires, étanches ou pas, durcis, métalliques (en inox par
exemple) ou en plastiques, standards, figés ou confectionables… sans compter
leur taille, leur compatibilité avec les différents diamètres de fils et leurs
performances en termes de puissance transportée ou de vitesse de transfert des
données. Dans toute l’industrie, leur rôle est essentiel car sans connexion
fiable, pas de puissance, pas de signal, bref, pas de de machine qui
fonctionne. Et parfois, les conditions sont particulièrement difficiles. Dans
les environnements de production, la chaleur, les vibrations, la maladresse des
opérateurs ou  la présence de corps étrangers
(des copeaux, par exemple), contribuent grandement à la détérioration des
points de connexion. A fortiori si ceux-ci doivent-être manipulés régulièrement
pour des connexions et déconnexions successives. Dans l’agroalimentaire, ces
mêmes connecteurs doivent résister à des lavages à grandes eaux, à des
détergents plus ou moins agressifs, tout en n’occasionnant aucune rétention de produits.
En effet, chaque petit recoin, la moindre aspérité sur la surface des boîtiers
sont susceptibles de devenir des nids à bactéries. La situation est encore plus
critique dans des industries comme la pharmacie où chaque composant des
équipements de productions doivent être homologués, certifiés par des
organisations internationales et satisfaire à des réglementations très
strictes.

 

Robuste, mais pratique

Face à
toutes ces contraintes, les spécialistes du domaine ne ménagent pas leurs
efforts pour assurer un transfert de l’énergie et/ou des informations dans de
bonnes conditions, quelles que soient les conditions et l’environnement des
machines. Exemple avec Harting et son Hart-Port, un connecteur d’interface USB
et RJ45  « robuste et pratique ». Les
spécificités de ce connecteur universel ? « Sa découpe standard le rend facile
à monter : dans sa version la plus simple, il suffit juste de connecter le
câble », note le fabricant. Les versions USB sont dotées de cordon de 0,2 m à 5
m ; les versions RJ45 des cordons de 0,2 à 10 mètres. « De nombreux
modèles  avec accessoires sont
disponibles, tels que des capots de protection contre une utilisation non
autorisée  ou encore  des protections d’étanchéité », ajoute le
fabricant. Selon lui, ce type de connecteur peut s’insérer facilement dans tous
les  environnements industriels. Le
Har-Port d’Harting facilite en outre l’accessibilité des unités de contrôle et
des interfaces informatiques industrielles, ce qui le rend particulièrement
adapté à une utilisation dans des armoires de commutateurs et des bornes de
commande. On les retrouvera également sur des tables de conférence ou les
postes de travail de haute qualité.

Toujours
pour le transfert de données dans les environnements industriels, Harting
propose également le Prelink, qui est désormais disponible en version
cylindrique M12, en plus du RJ45. L’intérêt de ce complément ? Il permet de
passer facilement d’un niveau IP20 à un niveau IP65/67 sur des installations
existantes et peut être utilisé sur des installations où l’on manque d’espace.
Au passage, le nombre de pièces utilisées pour la connexion est moindre. Le
montage est donc plus rapide et plus facile sur site. Le Prelink M12 D-coded
est compatible avec l’Ethernet jusqu’à 100Mbit/s et les installations Profinet.
A noter, une version Prelink du M12 X-coded est en préparation.

Plus robuste
encore, le Han-Eco de Harting est fait de plastique renforcé par des fibres de
verre. Il est désormais disponible avec un insert Monoblock E qui lui confère,
selon le fabricant, une densité de contact 67% plus importante qu’avec un Han E
classique vissé de même taille, avec des câbles de 0,75 à 2,5 mm² de section.
Il permet de réaliser des connexions de type 10+PE, 14+PE, 20+PE et 28+PE dans
quatre tailles, sous des courants de 16A et des tensions de 500V.

 

Du confectionnable IP67

Autre spécialiste
des connecteurs, Binder s’est lui aussi attelé aux environnements agressifs
avec des connecteurs confectionnables 8 pôles M12 en codage X. Ces nouveaux
modèles IP 67 sont destinés au transfert jusqu’à 10 Gbits/s pour des
applications industrielles. « La largueur de la bande garantit l’isolement des
quatre paires par un blindage en forme de croix (Codage X) assurant la
séparation des transmissions. Le Codage X M12 est conforme à la norme CEI
61076-2-109, ce qui garantit une compatibilité de connexion à travers le monde
entre différents fabricants. Le codage est également préconisé par plusieurs
organisations d’utilisateurs d’Ethernet, tel que Profinet pour de la
transmission à large bande », annonce Binder. La transition vers l’IP20 est
assurée par un connecteur confectionnable RJ45 CAT 6A. Dans un premier temps,
Binder propose différents types d’embases femelles ainsi que des connecteurs
pour l’intégration des appareils. A noter, les connecteurs confectionnables ont
une technologie de déplacement d’isolant pour des sections de fils AWG 27 à AWG
22 et pour des diamètres de câble de 5,5 à 9 mm. Des rallonges surmoulées, sont
aussi disponibles en M12/M12 ou M12/RJ45. La gamme devrait s’élargir
prochainement.

Autre
nouveauté du fabricant, les embases en inox M12 
positionnables avec filetage de fixation M16 x 1.5 des séries 713 et 763
sont aussi destinées à des ambiances difficiles. « Notre gamme comprend déjà
des embases positionnables afin d’orienter le détrompeur via un écrou de
positionnement dans les boîtiers moulés en zinc. Les nouvelles versions
positionnables en inox sont résinées dans la zone de raccordement des fils.
Cette version résinée évite toute intrusion de substances nocives dans
l’insert. La longueur standard des fils souples est de 200mm », note Binder.
Evidemment, afin de protéger les contacts des embases déconnectées, il est
recommandé d’utiliser des bouchons de protection.

Toujours
pour les environnements difficiles, Hummel a pour sa part développé ses
nouveaux modèles HSK-Inox-HD (pour Hygienic Design, conception hygiénique).
Disponibles en versions M12x 1,5 à M25x1,5, ils sont adaptés aux milieux où les
bactéries et les microorganismes sont exclus, dans l’agroalimentaire ou la
pharmacie, en particulier. En effet, l’enveloppe du connecteur ne souffre
d’aucune arête saillante ni coin et aucun filetage n’est apparent et la
rugosité de ses surface ne dépasse pas 0,8 µm. Bien sûr, les matériaux
utilisés, résistants aux détergents et autres substances agressives, sont
certifiés par les autorités compétentes, à commencer par la FDA (Food and Drug
Administration) américaine. La version standard est certifiée IP66 et IP 68.
Sur demande, une version spéciale monte jusqu’au niveau IP69K. Les  versions les plus durcies supporteront des
températures allant de -40 à +150°C.

 

Presse étoupe et connecteurs circulaires

Développer
une solution à la fois innovante et économique. C’est ce que Phoenix Contact a
cherché à faire avec ses nouveaux connecteurs industriels Heavyconnec Evo. Pari
gagné avec ce presse-étoupe pivotant équipé d’une fermeture à baïonnette qui
permet, selon le fabricant, de réduire ses stocks de… 70 %. Et pour cause, le
boîtier utilisé remplace huit capots passe-câbles classiques ! Aussi robuste
que le métal, il permet d’atteindre un degré de protection IP66 et résiste aux
chocs jusqu’à IK08. Quant à son maniement, il reste simple : « il suffit de
placer le presse-étoupe sur le boîtier et d’encliqueter les deux à l’aide de la
fermeture à baïonnette à 45°. Vous déterminez ainsi le sens de la sortie du
câble directement sur le site de montage », explique le fabricant. Enfin, « le
Heavyconnec Pro Evo est compatible avec tous les boîtiers en aluminium
conformes aux normes existantes sur le marché », assure-t-on chez Phoenix
Contact. Cela permettra aux industriels de choisir sans contrainte leurs
composants. Evidemment, Phoenix contact propose aussi des solutions complètes
comprenant un capot passe-câble et une embase, des éléments de contact
correspondants équipés de la technologie Push-in, ainsi que le nouveau
presse-étoupe.

L’Allemand a
également encore étoffé sa gamme de connecteurs circulaires avec, entre autres,
des modèles M23 à confectionner (série M23 ADVANCE) pour le transfert de
signaux. Dotés de 6 à 19 pôles, ils disposent d’une protection CEM, d’un
raccordement serti et de la possibilité de détrompage mécanique avec, au choix,
un verrouillage rapide Speedconnec. Phoenix propose également des connecteurs
circulaires surmoulés M17 (17 pôles pour les signaux, 9 pour la puissance jusqu’à
20A) droits, M23 (17 pôles pour les signaux, 6 ou 8 pour la puissance jusqu’à
30 A) droits et coudés – pour la première fois rotatif à plus de 240º- et M40
(6 ou 8 pôles pour la transmission de puissance jusqu’à 70 A) droits.

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