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CFIA 2015 : les automatismes font recette

La dix-neuvième édition du carrefour des
fournisseurs de l’industrie agroalimentaire a fermé ses portes le 12 mars sur
un nouveau succès. Et si ce salon est avant tout un salon de contacts et de
recherche de solutions concrètes, certains exposants lui avaient réservé des
nouveautés.

 

Pas facile
pour un salon industriel, dans le monde des automatismes, de faire sa place
lorsqu’il se tient après SPS IPC Drives et un mois avant la foire de Hanovre.
D’autant plus lorsqu’il se tient tous les ans à Rennes ! Et pourtant, le
Carrefour des fournisseurs de l’industrie agroalimentaire connaît toujours
autant de succès, année après année. Certes, la dix-neuvième édition du salon,
qui se tenait du 10 au 12 mars dernier n’a pas eu à subir d’intempérie majeure,
comme ce fût le cas les années précédentes, à peine une « petite grève »
de la SNCF est venue le perturber, forçant certains visiteurs à courir avec un
peu plus d’anxiété après leur train, mais le CFIA doit avant tout son affluence
de 2015 au succès de son concept de salon régional, vertical et convivial. Un
trio gagnant qui pousse les exposants à donner leur meilleur, et même à lui
réserver des nouveautés.

 

Inédits en France !

C’était le
cas cette année pour Sick. Entre son capteur de brillance Glare Sensor, capable
de contrôler la présence d’un film brillant sur une pièce tout en restant
autonome, et son LUTM, un petit détecteur de luminescence intelligent doté de
la technologie IO-Link, l’Allemand a réservé la première présentation en France
de son Trispector, dernier-né de ses capteurs 3D, aux visiteurs du CFIA.
Destiné au contrôle de l’intégrité des cartons, du contrôle de présence ou de comptage
sur des emballages primaires et secondaires, ce nouveau venu combine une caméra
2D et la projection d’une raie laser. Trois gammes seront disponibles en juin, selon
la hauteur et la largeur de champ de l’application, présentant des résolutions
de 40 µm à 280 µm. Autonome une fois calibré et capable de prendre 200 profils
par seconde, l’appareil insensible aux variations d’éclairages pourra générer
des vues 3D utilisées par exemple pour l’analyse des
« non détectés ».

Première
apparition également pour deux évolutions d’appareils d’ABB particulièrement
adaptés au marché de l’agroalimentaire : le variateur ACS 580 IP 55 et le
contrôleur PM 595. Pour bénéficier de l’indice de protection IP 55, le premier
adopte une ventilation indirecte et un panneau plastique sur la façade. A
noter, ce modèle est compatible avec les moteurs haut rendement à reluctance
variable de constructeur. Le deuxième n’est autre que la version hautes
performances de l’AC500, destiné aux applications multiaxes (il peut en gérer
jusqu’à 64) et demandant d’importantes capacités de calcul. Au programme, un
processeur multicœurs cadencé à 1,3 GHz, 16 Mo de mémoire pour les programmes
utilisateur, quatre interfaces Ethernet indépendantes (dont deux programmables)
prenant en charge différents protocoles Ethernet tels qu’EtherCAT et Profinet,
afin de connecter simultanément l’automate à deux réseaux différents.
« Les interfaces TCP/IP, UDP, CAN/CANopen et deux interfaces série
RS232/485 complètent la connectivité embarquée.», annonce ABB. Il est possible
d’ajouter d’autres interfaces réseau et des bus de terrain via les deux ports
d’extension supplémentaires, et des interfaces pour intégrer un automate de
sécurité. Là encore, le ventilateur disparait au profit d’une mémoire MRAM et
d’un système de radiateur avec une circulation naturelle d’air dans le boîtier.
Ce PM 595 existe également en version durcie XC, pour « eXtreme
Conditions ».

 

Sur les
derniers salons professionnels français, l’Américain Rockwell Automation avait
fait le choix de stands sans produits ; pour ce CFIA, il revient à une
structure plus traditionnelle, avec une large partie de sa gamme exposée. Parmi
les nouveautés, on notera tout particulièrement le Powerflex 527, un variateur
dédié aux clients de Rockwell, puisqu’il est configuré avec Studio 5000 et
conçu pour fonctionner exclusivement avec un contrôleur d’automatisme
programmable Logix. Les utilisateurs peuvent ainsi programmer leurs variateurs
comme ils le font avec leurs servovariateurs, avec Studio 5000. Cette
intégration facilite également le remplacement d’un variateur puisque le PAC le
reconnaît automatiquement et peut télécharger les paramètres de réglage
adaptés. Enfin, le variateur embarque une fonctionnalité Ethernet IP double
port, éliminant par exemple l’emploi de switchs pour les intégrer au réseau. Il
est disponible en cinq tailles, avec des puissances comprises entre 0,4 et 22
kW et des tensions de 100 à 600 V.

 

De la sécurité aux services

Chez Pilz,
les capteurs de sécurité codés PSENcode sont de plus en plus petits. Ces
capteurs de sécurité qui servent à la surveillance de la position des
protecteurs mobiles et à la surveillance du positionnement  existent en version de 13 mm de hauteur, pour
la même largeur qu’auparavant. Autorisant plusieurs sens d’activation et de
positions d’approche, ils peuvent être utilisés dans des applications souvent
réservées aux capteurs de sécurité magnétiques. L’Allemand présentait également
à Rennes la nouvelle version de son système de sécurité pour protecteurs
mobiles PSENsgate, qui bénéficie de plus de possibilités d’ajout d’éléments de
commande.

Pour
Siemens, l’Industrie 4.0 est une réalité. Pour preuve, la démonstration faite
sur le CFIA, permettant de tester une configuration matérielle sur une machine
virtuelle, façon « hardware in the loop ». Au moment du salon de
Rennes, l’Allemand lançait également un service inédit destiné aux utilisateurs
finaux, mais aussi aux constructeurs de machines, dont ceux de
l’agroalimentaire. Baptisé Lifecycle Check-up, il leur permettra de gérer
l’obsolescence de leurs équipements. A l’aide d’un outil en ligne, gratuit, l’industriel
indique les références produits de son installation. Il reçoit alors
immédiatement un courrier électronique de pré-diagnostic personnalisé. Le
rapport lui indique le niveau d’obsolescence de chaque produit et les prévisions
de disponibilité des pièces de rechange sur cinq ans. Pour aller plus loin, il
suffit de contacter Siemens qui l’assistera dans l’élaboration d’une véritable
stratégie de suivi et de gestion des pièces et de remplacement des références
qui arrivent en fin de vie. Mais le service est alors payant. Enfin, Siemens
propose également aux industriels une prestation d’optimisation des stocks de
pièces nécessaires en fonction de leurs besoins.

 

Petit SPS…

Ils sont
nombreux, les fournisseurs de composants et d’équipements d’automatisation qui
ont profité de la position privilégiée du CFIA de « premier salon de
l’année » pour dévoiler en France les nouveautés lancées lors de la
grand’messe allemande. Exemple avec l’Autrichien B&R Automation, qui
présentait au public breton sa dernière génération de motovariateur Acopos P3,
dévoilé à SPS IPC Drives en décembre dernier. Ses atouts ? D’abord un gain
important en compacité, puisque la version 3 axes (il est aussi disponible en
version monoaxe)  fait économiser jusqu’à
69% de place dans les installations. Ce modèle est aussi particulièrement bien
doté en termes de fonctions de sécurité, comme le couple sûr proposé parmi 17
fonctions en tout.

Même chose
chez Bosch Rexroth, dont les deux nouveautés dévoilées au public français,
l’offre Indradrive MI pour l’automatisation sans armoire et le système de
convoyeur modulaire Varioflow, avaient été présentées l’an dernier en
Allemagne. Reste que ces deux gammes répondent à des besoins actuels de
l’agroalimentaire, notamment le Varioflow et ses modules pré-assemblés
standards (avec six largeurs de chaînes, dont une nouvelle de 120 mm) qui se
combinent pour obtenir un maximum de configuration. A noter, une version
hygiénique propose des modules en inox, mais aussi en aluminium.

Parmi les
produits exposés cette année par Festo, on retiendra sa Suprashuttle, système
de manipulation sans contact sous vide et dans les salles blanches. Sur cette
application, des éprouvettes placées sur un support magnétique, lui-même placé
sous un dôme hermétique en plexiglas, afin de former un espace clos autour de
lui. Le support est alors déplacé par le module supraconducteur juste en
dessous.

Sur le stand
de Beckhoff, on retrouvait cette année ses dernières générations de PC
industriels ainsi que sa technologie XTS. Enfin, le Danois Danfoss mettait
l’accent cette année sur ses VLT FCM et FCP 106, deux modèles de la même
famille que l’on pourra retrouver montés directement sur un moteur à aimant
permanent ou à induction  (de 0,55 à 7,5
kW), ou déportés dans une armoire. Ils sont compatibles avec les moteurs IE2 et
IE4 du groupe, mais aussi des moteurs tiers. Un dispositif de contrôleur
logique intégré permet d’assurer des actions automatisées face à es événements
spécifiés, sans pour autant faire appel à un automate. Il héberge également des
fonctions spécifiquement liées aux applications de pompage ou de ventilation.

Lui a déjà
été présenté en France, en particulier lors du dernier salon de l’emballage, à
Paris. Le robot Kamido du Stéphanois Siléane n’en a pas moins séduit les
Rennais, puisqu’ils lui ont attribué cette année le trophée de l’innovation,
dans la catégorie « Equipements et procédés ». Grâce à un capteur de
vision « maison » baptisé 3D Reflex  et à une intelligence associée qui met en
œuvre un algorithme spécifique et plusieurs préhenseur interchangeables, ce
petit robot (le système fonctionne avec plusieurs modèles) est capable
d’assurer des prises de produits en vrac sans apprentissage, et de façon
autonome. Dans l’agroalimentaire, il pourrait trouver sa place dans la prise à
l’unité et la dépose de produits fragiles, comme des fraises, dans une
barquette. Cadences annoncée par Siléane : 40 à 100 cycles par minute,
selon la nature des vracs.

 

Des astuces de Sioux

Les
nouveautés les plus utiles ne sont pas liées à un équipement aux multiples
fonctionnalités. Parfois, elles tiennent même à un petit rien qui change tout.
C’est ce qu’a expérimenté Omron cette année. Pour des raisons esthétiques, le Japonais
a installé un système d’éclairage dans les charnières des portes d’une cellule
robotisée qu’il présentait sur le CFIA. La lumière qui se diffuse dans la porte
transparente provient tout simplement d’une barre de led collée sur la tranche.
La lumière est verte lorsque la porte est fermée, rouge, lorsqu’elle est
ouverte. C’est cette particularité qui a « tapé dans l’œil de certains
visiteurs, trouvant dans ce système une manière d’enjoliver leurs machines,
mais aussi de localiser la cause d’un arrêt pour cause de porte mal fermée. Un
avantage indéniable face à une simple colonne lumineuse à feu tricolore…

Dans un
autre registre, parmi les nouveaux produits exposés par Schneider Electric
cette année, un petit appareil va beaucoup faciliter la vie des personnels de
maintenance. Baptisé Wifer, ce petit boîtier vert abrite un module de
communication wifi autoaliment&e
cute; qui permet d’avoir accès au réseau de terrain
sans fil une fois qu’il est branché sur une prise Ethernet d’un équipement. Les
opérateurs de maintenance pourront ainsi se créer un accès à n’importe quel
endroit de leur usine. A noter, cette technologie est également disponible sous
forme de module de communication pour le contrôleur M580 du Français.

Encore une
fois dans un registre très différent, le Stéphanois Astrée propose aux PME de
faire des économies en mettant en place sa solution de MES énergie dans leurs
ateliers en utilisant… des « PC Android ». Pour cela, l’éditeur a
adapté son application Aquiweb, et en particulier son module dédié au suivi de
la consommation énergétique Aquiénergie, pour qu’il soit compatible avec
l’affichage du web sous Android. Ainsi, non seulement il est possible
d’utiliser des tablettes ou même des smartphones pour afficher les
informations, mais les utilisateurs peuvent aussi se passer de PC sous Windows
pour les éventuels postes installés au pied des équipements de production, au
profit de nouveaux appareils de grande taille tournant sous Android.

 

Bientôt la vingtième !

L’an
prochain, le Carrefour des fournisseurs de l’industrie agroalimentaire de
Rennes se tiendra du 8 au 10 mars 2016. Une édition particulière, puisque le
salon fêtera ses vingt ans. Il dévoilera pour l’occasion un tout nouveau logo
et nul doute que les exposants en profiteront pour exposer de nouveaux
produits…

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