Automatisme Instrumentation

National Instruments mise sur l’industrie

Pour la vingtième édition de sa NI Week, le
Texan a misé sur la surprise, avec trois grandes nouveautés et des systèmes
complets inédits construits à partir de ses produits, propres à répondre aux
nouveaux besoins du monde de l’industrie.

 

Qu’est-ce
que National Instruments pouvait bien offrir à ses utilisateurs pour fêter le
dixième anniversaire du CompactRIO ? Un nouveau CompactRIO bien sûr !
Lors de la vingtième édition de sa grand’messe annuelle NI Week, le Texan a ainsi
dévoilé un modèle inédit, et haut de gamme, de son système de contrôle et
d’acquisition embarqué reconfigurable. Baptisé 9033, il embarque le must de la
technologie : une IHM intégrée (il suffit désormais de brancher un écran sur
le cRIO), un noyau temps réel Linux 64 bits, des fonctions de gestion de la
vision en USB3 intégrées au FPGA (un Kintex 7 de dernière génération) et,
surtout, un processeur Intel Atom double cœur cadencé à 1,3 GHz. De quoi, pour
ce modèle de la gamme « Performance », assurer la synchronisation de
plusieurs dizaines d’axes à haute vitesse. A noter, ce cRIO est également
« ultra durci », afin d’être compatible avec les applications
industrielles les plus exigeantes. « Le 9033 se destine particulièrement aux
industriels qui recherchent la haute performance dans des secteurs comme
l’énergie, l’Oil & Gas, le transport et les machines industrielles »,
commente Ahmed Mahmoud, responsable marketing et ventes monde pour les produits
Industrie et Embarqué.

 

Un RIO de poche

Dans
l’industrie, NI vise aussi les usines de production avec un produit
radicalement différent, adapté au concept d’Industrie 4.0 : la single boardRIO
9561, ou SOM, pour System on Module. La différence avec une sbRIO
classique ? Comme elle, ce SOM regroupe le triptyque du RIO, c’est-à-dire
un processeur (Arm, pour l’encombrement), un FPGA et des interfaces
d’entrées/sorties, mais sur une carte électronique de la taille… d’une carte de
crédit ! En revanche, alors que la sbRIO classique propose en standard des
ports d’E/S prédéfinis, ce petit modèle est équipé d’une connectique simple, façon
bus de disque dur, dont on peut adresser toutes les broches. A l’utilisateur de
définir ses propres E/S. Dans le cadre du projet « Usine aéronautique du
futur », Airbus a par exemple développé des solutions, dont certaines à
base de lunettes de réalité augmentée, utilisant ce système assez léger pour
être porté à la ceinture. Autre avantage, puisque la plateforme est commune
avec le compactRIO, les industriels peuvent construire des prototypes à l’aide
de cRIO puis, une fois la mise au point terminée, migrer leur solution sur un
SOM. « Avec l’approche plateforme, nous avons divisé par 10 nos temps de
développement », affirmaient ainsi Sébastien Boria et Bernard Duprieu, en
charge de ce projet chez l’avionneur, pendant NI Week. Selon Ahmed Mahmoud,
d’autres applications sont possibles dans le monde de l’énergie et des sciences
de la vie, qui recherchent des solutions très compactes et peu onéreuses.

 

A fond sur les données

Ces deux
produits ne sont pas les seuls que NI destine à l’industrie. En effet, la
plupart de ses nouveautés cette année semblent servir une véritable entreprise
de séduction du monde industriel. Selon son grand patron James Truchard, dans
ce domaine, l’avenir passera en grande partie par l’acquisition et l’analyse de
données de toutes sortes, ce que le Texan appelle le Big Data Analytics.
« Les systèmes cyber-physiques constituent l’interface, le lien entre le
monde physique et ce monde de données. C’est ce que nous développons depuis
2010 et nous allons continuer dans ce sens », assure-t-il. Sur le front de
l’acquisition, NI a ainsi fait progresser ses PXI, avec une fréquence
d’acquisition qui passe à 26,5 GHz, avec une largeur de bande de 765 MHz. « Cela
permet de faire de l’analyse spectrale en direct ! », assure Michael
Santori, Vice-Président chargé du marketing produits. Toujours dans
l’acquisition de données, la gamme compactDAQ, cheval de bataille de NI dans ce
domaine, s’enrichit également d’un modèle dédié aux acquisitions dur le
terrain. Doté de quatre slots d’interfaces, il est durci, embarque un lecteur
de carte SD et, comme le nouveau compactRIO, tire parti d’un processeur Intel
Atom. Quant aux systèmes de vision CVS de dernière génération, ils intègrent de
nouvelles fonctions pour gérer encore plus vite les applications de vision dans
l’industrie : inspection, tri, guidage de robots…

Dans
l’industrie, de l’acquisition de données au condition monitoring (suivi en
temps réel d’équipements de production), il n’y a qu’un pas que NI n’a pas
hésité à passer cette année avec un nouveau logiciel baptisé NI Insight CM
Enterprise. Cet outil propose ainsi de remonter (sur un serveur) et d’analyser
des données provenant de compactRIO installés sur des équipements, et offrant
différentes fonctions de gestion : traitement des informations, génération
de graphes, envoi d’alarmes au dépassement de seuils, etc. Principal intérêt d’utiliser
des cRIO, outre la disposition de quantité de formats différents qui
s’adapteront à chaque type d’équipement, « ils peuvent mettre en œuvre des
actions de sauvegarde directement depuis le terrain en cas d’alarme »,
note Michael Santori. Et il n’y a aucune limite dans le nombre d’informations
gérées. Duke Energy, un gros client de NI aux Etats-Unis, utilise ainsi déjà
cette solution connectée à 230 cRIO ! Mais attention, « Insight CM
Entrerprise, c’est avant tout de la mesure. On ne parle pas de piloter des
machines. Ce n’est pas notre but. Il s’agit d’une couche supplémentaire ajoutée
pour récolter des informations dans quantité de formats différents, du plus
petit au plus grand et les traiter », explique le vice-président.

 

Des solutions complètes

Dernier
pan de cette stratégie de reconquête industrielle, la fourniture de solutions
complètes construites à partir de produits NI. Cela avait commencé l’an dernier
avec son Smart –grid analyser, basé sur une sbRIO. Cette année, le Texan a mis
au point notamment un système de test pour semi-conducteurs (STS) construits
autour de ces nouveaux PXI. Reconfigurables, ces appareils gros comme des
machines à laver permettent aux industriels d’assurer les tests en production
sur des produits qui évoluent très vite, sans investir dans des machines
dédiées très onéreuses. Ils pourraient aussi trouver des débouchés dans
l’automobile, où le nombre de tests électroniques à réaliser se multiplient. Et
cette politique n’en est qu’à ses débuts : « Depuis 5 ans, nous avons
des équipes focalisées sur des activités industrielles : semi-conducteurs,
appareils, énergie… Ils se concentrent sur les besoins des industriels dans ces
marchés en croissance », note Michael Santori. On n’a donc pas fini de
voir du National Instruments dans l’industrie…

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